Renforcer l'entraide, la coopération
et la solidarité entre les institutions judiciaires

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L’AHJUCAF est une association qui comprend cinquante cours judiciaires suprêmes francophones.

Elle a pour objectif de renforcer la coopération entre institutions judiciaires, notamment par des actions de formation et des missions d’expertise.

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Allocution de clôture

 

Monsieur Papa Oumar Sakho

Premier président de la Cour suprême du Sénégal


L’indépendance de la justice
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Nous voilà arrivés au terme de nos travaux.

L’impression générale perceptible est, à mon avis, la réussite du congrès de Dakar.

Nous devons nous en réjouir.

Le thème de nos assises, l’indépendance de la justice, a suscité un effort d’imagination juridique et politique attesté, dans ce cadre somptueux de l’hôtel Téranga, par des joutes oratoires fort marquées.

Je remercie les rapporteurs, qui ont donné aux questionnaires, soumis à leur observation lucide et perspicace, des réponses d’une clarté remarquable.

Je remercie aussi toutes les délégations présentes au Sénégal. En entremêlant esprit de dialogue et d’amitié, dans un climat de fraternité et de sympathie, elles ont apporté à nos débats très bien fournis, la lucidité et la sérénité escomptées pour consolider l’engagement de l’AHJUCAF à une solidarité intellectuelle et morale.

Ce crédo, déjà formalisé à Marrakech, remplit en effet une fonction d’unification. Et, il apparaît évident qu’il est la condition déterminante de la légitimité de notre association.

Car, le courant d’échanges permanent qu’il a instauré entre les membres de notre groupement est une source d’enrichissement mutuel considérable.

Nous avons tous constaté, lors de nos discussions, la cohérence idéologique de nos aspirations et leur convergence vers l’indépendance de la justice, aussi bien en ce qui concerne la protection des libertés publiques contre toute forme d’arbitraire, qu’en ce qui concerne la constance des moyens dont l’institution judiciaire doit disposer pour mieux remplir ses missions.

Sous l’angle institutionnel, la question des moyens humain, matériel et financier dans l’organisation et le fonctionnement de la justice renseigne les modalités structurelles de prise en charge, par les autres pouvoirs politiques, de l’exigence d’effectivité corrélée à l’indépendance de la justice mais également à la capacité des citoyens à assumer les dépenses qu’impliquent l’accès au droit et à la justice.

Sous l’angle culturel, le déclin simultané des certitudes sociales relativement à certaines valeurs, singulièrement les impératifs du juste semble confirmer l’existence d’une crise de la justice.

Même si c’était le cas, et ce n’est pas mon avis, il faudrait néanmoins constater la revanche de notre association sur le phénomène, puisque les orientations indiquées dans les documents issus du congrès de l’AHJUCAF ont fait réapparaître au grand jour que, face à cette question, la défense de la valeur de justice par la réflexion et la concertation est la seule réponse pertinente.

De toute façon, il est vrai que ce n’est pas un hasard si notre association a retenu comme thème de son congrès actuel, l’indépendance de la justice.

L’ampleur et la richesse de nos réflexions sur l’indépendance proclamée et son objet justifient que nous marquions en lettres d’or ce congrès dans les annales de notre jeune et dynamique association.

Le congrès de Dakar aura été pour nous, l’occasion de nous interroger sur le rôle et la qualité de la justice ; il nous a permis de rechercher les valeurs qui, dans l’agencement institutionnel de nos Etats respectifs, doivent être sauvegardées à tout prix. L’indépendance de la justice y siège à la première place.

Mesdames et Messieurs,

Au-delà du prestige dont notre association jouit à l’occasion des rencontres internationales qu’elle organise dans l’intérêt exclusif de ses membres concernés par les mêmes réalités sociales, nos assises, si brèves soient-elles, ont, en outre, permis à certains d’entre nous de se connaître et à d’autres de se rapprocher davantage, ce qui répond à la vocation fondamentale de l’AHJUCAF, qui est de renforcer les liens d’amitié et de coopération tissés dans le réseau de ses membres déployé dans l’espace géopolitique qu’elle occupe.

Je voudrais avant de clore mon propos redire ma profonde gratitude au Président de la République du Sénégal, Son Excellence Maître Abdoulaye WADE, pour son inestimable soutien.

A ces remerciements, j’associe le Premier Ministre qui a honoré de sa présence la cérémonie d’ouverture en représentant le Président de la République, les Ministres d’Etat, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Ministre des Affaires étrangères, Ministre de l’Economie et des Finances et l’Organisation internationale de la Francophonie ainsi que tous les organisateurs de cette rencontre.

Je n’aurai garde d’omettre d’adresser aussi un hommage particulier, pour leur brillante communication, à Monsieur Yvan Verougstraete, Président de la Cour de cassation belge, Monsieur Guy Carcassonne, professeur de droit public à l’Université Paris X-Nanterre, Madame Nicole Duplé de l’Université Laval du Québec, Messieurs Alioune Badara Fall de l’Université de Bordeaux et Gabor Nagy de la Cour suprême de Hongrie et Monsieur Saâd Moummi de la Cour suprême du Maroc.

Encore une fois, je dis merci au Premier Président Guy Canivet.

J’exprime enfin toute ma reconnaissance à mes collaborateurs pour leur disponibilité, leur soutien chaleureux et surtout leur engagement total pour la réussite de notre rencontre.

Mesdames et Messieurs,

En vous invitant à profiter du week-end qui se profile à l’horizon de notre rencontre, pour découvrir davantage les charmes du Sénégal. Je vous remercie infiniment.

 
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